Sous-représentation des femmes dans les sciences
Selon un rapport sénatorial du 8 octobre 2025, la sous-représentation des femmes dans les filières scientifiques demeure un problème majeur aujourd’hui, auquel notre modèle éducatif ne serait pas étranger.
Un bref rappel des faits :
- Présentation
- Moins d’un tiers des chercheurs scientifiques et un quart des ingénieurs sont des femmes.
- Les femmes représentent 33% des étudiants en sciences fondamentales à l’université, 25% des effectifs de classes préparatoires scientifiques, et 20% de ceux des meilleures écoles d’ingénieurs.
Il semble que le mal soit perceptible avant même le début des études. En effet, « 17% des bachelières poursuivent leurs études contre 44% des garçons » énonce le rapport, alors pourtant qu’au début du processus les résultats sont « similaires en entrant au CP ».
Le défi est pourtant de taille : la France doit former au moins 20 000 ingénieurs et 60 000 techniciens de plus chaque année afin de rester compétitive en sciences.
- Raisons
- Comment cela est-il possible ? Le rapport évoque – outre une éducation familiale qui favorise davantage la « stimulation motrice et les jeux compétitifs » chez les garçons — le rôle de l’école dans ce phénomène. Des préjugés au quotidien conduisant notamment les garçons à davantage faire l’objet en classe de « questions de réflexions » et les filles de « questions de mémorisation ».
A cela s’ajoute le choix des femmes elles-mêmes, lesquelles « redoutent la faible mixité des cursus scientifiques ». En effet, « une femme scientifique sur deux déclare avoir été victime de harcèlement sexuel au travail », quand bien même « seule une sur cinq en aurait parlé à l’institution ».
- Solutions
Quelles solutions envisager ? Le rapport énonce des pistes. Citons-en quelques-unes applicables dans le cadre scolaire :
Faire connaître les filières scientifiques aux collégiennes et lycéennes.
Favoriser les interventions de femmes professionnelles du secteur dans les établissements scolaires.
Montrer davantage de modèles féminins scientifiques dans les programmes.
Présenter davantage de débouchés concrets aux métiers scientifiques lors de l’orientation.
Sans doute d’autres pistes sont-elles envisageables, telles que :
Un recrutement plus transparent doublé de jurys plus diversifiés.
Un renforcement de la lutte contre les discriminations et le harcèlement en milieu scolaire.
Eventuellement, un mentorat professionnel à destination des jeunes femmes volontaires favoriserait également la confiance dans cette orientation.
En outre, tout cela serait également utile pour boucher le « tuyau percé » évoqué par le CNRS, pointant du doigt le fait que des femmes, à chaque étape de carrière, quittent davantage les filières scientifiques que les hommes.
