Réformer le métier d’animateur vacataire

Animateur périscolaire encadrant un groupe d'enfants lors d'une activité collective en école maternelle, illustration d'un article consacré à la professionnalisation et à la réforme du métier d'animateur vacataire.

Ainsi que le démontre la nouvelle convention citoyenne mise en place par la municipalité parisienne, la question de la formation et du suivi des agents du périscolaire est aujourd’hui brûlante. L’affaire est aujourd’hui scrutée en haut lieu, les divers scandales au cours de ces dernières années – 52 animateurs suspendus, dont 20 concernant la seule année 2025, et pas moins de 15 enquêtes ouvertes – y apportant un tragique écho dans l’actualité récente.

 

La fonction d’animateur vacataire

Alors, comment en est-on arrivé là ? Comment tant de défaillances à divers niveaux ont-elles pu conduire à un si lourd bilan ?

Afin de répondre à ces questions, il convient de rappeler que pas moins de 85 000 vacataires recrutés officient aujourd’hui rien que dans l’Académie de Paris, répondant à un besoin en main d’œuvre d’autant plus massif que le raccourcissement des journées de classe mis en œuvre depuis 2013 a considérablement augmenté les temps périscolaires réguliers tout en les fragmentant massivement, entre temps de cantine et temps d’étude. Si l’on ajoute à cela un salaire tout juste équivalent au SMIC, on obtient le quadruple problème qui tiraille plus généralement toute l’institution éducative :

  • Faible rémunération.
  • Besoin massif de main d’œuvre pour « boucher des trous » dans de courtes plages horaires.
  • Emploi du temps rigide et peu adaptable (que faire pour un animateur entre les heures de service ?).
  • Instabilité, donc incapacité à se projeter dans le métier pour mener à bien des projets de long terme.

Tout cela produit les mêmes effets qu’ailleurs – notamment au sein des PE— soit une dévalorisation du métier, elle-même génératrice d’une crise de vocation. Et cela ne fait encore que s’aggraver lorsque la municipalité fractionne les contrats horaires afin de les calquer sur les heures de service.

 

Ainsi, nul ne s’étonnera de ce que produisent ces faibles revenus, faibles opportunités pédagogiques et temps partiel subi : les recrutements se font en urgence, au jour le jour, au gré des besoins. Les entretiens, bien trop rapides et aux vérifications de profil insuffisantes, maintiennent un flou directionnel dans lequel peuvent alors s’engouffrer de dangereux prédateurs. Peut-il en être autrement, au fond, lorsque la réglementation fixe elle-même le seuil d’animateurs titulaires du BAFA à 50% tout en autorisant celui d’agents non diplômés à 20% ?

 

Proposition

Si l’objectif de la réforme des rythmes scolaires de 2013 avait pour louable intention d’adapter les temps d’enseignement scolaire au rythme biologique d’apprentissage de l’enfant, force est de constater qu’elle n’avait pas prévu les fâcheuses externalités en découlant quant au périscolaire.

Afin de reconstituer un cadre stable et confiant des solutions existent pourtant :

  • Transformer les emplois d’animateurs vacataires en emplois contractuels, dans des contrats de plusieurs mois, et en mettant l’accent sur leur présence au sein d’une même structure.
  • Créer des postes multifonctions : en combinant des postes, tels que celui de la cantine, de l’animation, de l’aide éducative ainsi que de la préparation d’activités, l’on évitera les « trous d’emplois du temps ». De là, émergeront des emplois demandant, certes, davantage de temps, mais mieux rémunérés et mobilisant moins de personnes différentes au quotidien, ce qui facilitera la sélection et l’intégration du personnel arrivant.

 

Ainsi, en insistant sur la continuité de l’emploi plutôt que sur la rotation, couplée à une rémunération plus incitative et à des horaires plus lisibles, le métier retrouvera-t-il du sens, et permettra-t-il à d’éventuels candidats de se projeter pleinement dans le métier, d’être connus de l’institution autant que de mieux connaître et adapter leurs enseignements aux élèves dont ils auront la charge.